Mieux gérer les déchets : une chance pour l’emploi ?

L’ORDIF – Observatoire Régional des Déchets d’Ile-de-France – organise le 16 avril 2013, une matinée intitulée « Mieux gérer les déchets : une chance pour l’emploi ? ». Une occasion de réaliser un point sur l’emploi dans le secteur des déchets dans la région Île-de-France.

 

En France…

Le secteur des déchets constitue le premier employeur de l’économie verte. La collecte, le traitement et le recyclage emploient en effet plus de 130 000 équivalents temps plein mobilisés dans l’Hexagone en 2010 (source : SOeS).

En Ile-de-France…

Les établissements privés de ce secteur représentent près de 17 600 emplois salariés (source : Pôle Emploi, 2010). Les activités de collecte et de traitement des déchets non dangereux composent 72 % des effectifs du secteur. Les autres emplois sont répertoriés dans la récupération (21 %) et la gestion des déchets dangereux (7 %).

D’autres emplois doivent être pris en compte. En premier lieu ceux du secteur public avec les collectivités locales qui pilotent ou exécutent directement le service public des déchets.

L’économie sociale et solidaire est très représentée sur de nombreux pans de la filière : insertion par l’activité économique, réemploi, collecte, …

Au final, on estime a minima 22 000, le nombre d’emplois directs dans le secteur.

Evolution 2000/2010

Entre 2000 et 2010, les effectifs de l’emploi salarié privé du secteur sont passés de 15 100 à 17 600 dans la région, soit une évolution trois fois plus rapide que la moyenne régionale (+ 16 % contre + 5 % sur l’ensemble des activités franciliennes). Cette progression est à mettre en perspective avec les mutations structurelles rencontrées dans la filière depuis les années 1990 : édification/modernisation d’installations réceptionnant des déchets (déchèteries, unités de traitement…), multiplication des dispositifs de collectées séparées, structuration de nouvelles filières en lien ou non avec les systèmes à responsabilité des producteurs…

Traitement : recycler c’est créer des emplois

En 2010, a minima 3 400 Equivalents Temps Plein (ETP) étaient directement employés au sein des unités dont plus de 2 000 sur les centres de tri-transit sous maitrise d’ouvrage publique et privée. Une analyse du contenu en emploi montre de grandes disparités entre les filières et au sein des unités ayant le même type de traitement.

Le nombre moyen d’Equivalents Temps Plein (ETP) pour 10 000 tonnes traitées oscille entre 1 ETP pour l’enfouissement jusqu’à 31 ETP pour les centres de tri publics des collectes sélectives.

Effectifs moyens employés par mode de traitement pour 10 000 tonnes traitées :

  • Tri des collectes sélectives (pour recyclage matière) : 31
  • Compostage des déchets verts : 3
  • Incinération : 3
  • Enfouissement (ISDND) : 1

 

En Ile-de-France, en 2011, 26 % des Déchets Ménagers et Assimilés (DMA) ont été dirigés vers des filières de recyclage matière (18 %) et organique (7 %).

Les objectifs réglementaires :

  • La Directive Européenne fixe un objectif de 50 % des DMA recyclés en 2020 ;
  • La loi du 3 août 2009 dite « Grenelle 1 » prévoit d’augmenter le recyclage matière et organique afin d’orienter vers ces filières un taux de 45 % en 2015 ;
  • Le Plan régional d’élimination des déchets ménagers et assimilés (PREDMA) fixe comme objectif d’augmenter le recyclage matière de 60 % à l’horizon 2019.

Ces données sont tirées de l’enquête réalisée sur les installations de traitement des ordures ménagères (ITOM) menée en 2012 par l’ORDIF. Elle a permis une analyse spécifique des effectifs employés au sein des installations de traitement réceptionnant des déchets ménagers et non ménagers (usine d’incinération, installation de stockage de déchets non dangereux, centre de tri, quais de transferts, plates-formes de compostage, méthanisation).

 

Les spécificités franciliennes

La structure de l’emploi dans les activités «déchets » présente un certain nombre de spécificités :

  • Les emplois ouvriers représentent plus de 70 % des effectifs (source : DADS 2008) ;
  • Le taux de féminisation est particulièrement faible : 14 % des effectifs salariés sont des femmes (source : Pôle Emploi, 2009) ;
  • Une population ouvrière plus âgée que la moyenne nationale du secteur.

 

Contact : 

Audrey CONSTANTIN
Responsable Communication
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