Gestion des déchets en Ile-de-France : Des déchèteries publiques au service d’une économie circulaire francilienne

L’ORDIF présente, le 31 mars 2015, les derniers chiffres sur les déchets des Franciliens. Chaque année, l’observatoire des déchets d’Ile-de-France enquête, en partenariat avec la Région Ile-de-France et l’ADEME, les collectivités en charge de la collecte des déchets ménagers et assimilées ainsi que celles ayant la maîtrise d’ouvrage de déchèteries publiques. Les déchèteries sont des équipements de collecte et de tri des déchets occasionnels. Ces déchets désignent l’ensemble des déchets produits de façon ponctuelle par les ménages : déchets verts issus de l’entretien des jardins, déchets dangereux des ménages, encombrants, déchets de construction et de démolition, cartons, déchets métalliques, déchets d’équipements électriques et électroniques, etc.

La région Ile-de-France est passée de 124 déchèteries publiques fixes en 2000 à 173 déchèteries fixes en 2013. Le parc en 1990 ne s’élevait qu’à 20 unités.
En 2013, 66 kg par habitant ont été collectés dans les déchèteries franciliennes (65 kg en 2012). On constate en Ile-de-France que les apports en déchèteries sont globalement plus élevés en grande couronne (111 kg/hab en moyenne) qu’en zone centrale (31 kg/hab en moyenne). Ces différences s’expliquent par :

  • Une plus grande difficulté à mobiliser du foncier en zone centrale pour construire ces équipements de service public. 26% du parc est situé sur Paris-Petite Couronne pour 56% de la population.
  • Des caractéristiques d’habitat différentes qui impactent sur les quantités et la nature des déchets produits par les Franciliens. Par exemple, l’habitat pavillonnaire, plus présent en grande couronne, génère plus de déchets verts et de déchets de bricolage.
  • Une plus forte mobilité des habitants de la grande couronne. La part des ménages équipés d’un véhicule est en effet plus importante en grande couronne et cela facilite l’accès des ménages aux déchèteries.

 

Une deuxième vie après la déchèterie
Des déchèteries publiques accueillent aussi désormais des caissons dédiés au réemploi. La directive européenne 2008/98/CE relative aux déchets et parue le 19 novembre 2008, définit le réemploi ainsi : « Toute opération par laquelle des produits ou des composants qui ne sont pas des déchets sont utilisés de nouveau pour un usage identique à celui pour lequel ils avaient été conçus. »

Ainsi, les caissons réemploi situés dans les déchèteries permettent aux usagers de déposer des produits (objets/meubles/appareils) inutilisés et pouvant être remis en état. Ces produits seront ensuite pris en charge par une structure spécialisée (souvent une structure de l’Economie Sociale et Solidaire).

En 2013, 21 déchèteries fixes sont équipées d’un caisson réemploi soit 6 de plus qu’en 2012 et 10 de plus qu’en 2011. Les produits réemployés en 2012 dans les déchèteries franciliennes représentaient 47 tonnes, et en 2013, ils représentent près de 190 tonnes soit plus de 140 tonnes supplémentaires.

 

L’exemple de la Ressourcerie 2Mains (93) 

La Ressourcerie 2Mains est une association à but non lucratif qui collecte, valorise et sensibilise à la prévention des déchets. Structure d'insertion par l'activité économique, elle crée de l'emploi pour les personnes les plus éloignées du monde du travail et les accompagne dans leur projet professionnel. Elle intervient sur les villes d'Aulnay-sous-Bois, Blanc-Mesnil, Sevran, Villepinte et Tremblay dans le cadre d'un marché public comportant une clause d'insertion. Elle est ainsi rémunérée par le SEAPFA (Syndicat d'Équipement et d'Aménagement des Pays de France et de l’Aulnoye) et la ville d'Aulnay-sous-Bois pour collecter les encombrants, équipements, objets et textiles ménagers en bon état sur leur territoire.

 

En 2013, la Ressourcerie 2Mains a récupéré près de 21 tonnes provenant des 4 déchèteries situées dans les communes où elle intervient. Avec 111 tonnes collectées à domicile et 46 tonnes par apports volontaires sur site, le tonnage collecté en 2013 par la ressourcerie s’élève à 178 tonnes. 83% ont été valorisées, par réemploi ou recyclage.

 

Le réseau des Ressourceries d’Ile-de-France s’est fortement développé ces dernières années. On recense une vingtaine de structures en activité. Le Conseil régional d’Ile-de-France et le Syctom, l’agence métropolitaine des déchets ménagers, ont lancé en 2014 le site Internet www.recup-ID.fr qui référence les adresses du réemploi en Ile-de-France.

 

Outil de transition vers les filières de recyclage et valorisation
Aujourd’hui, la déchèterie se positionne comme un outil complémentaire des services de collecte des déchets en porte-à-porte, mais aussi comme un outil indispensable de transition vers les filières de recyclage et de valorisation. Les déchets sont regroupés par nature afin de rejoindre ensuite des centres de traitement adaptés.

Ainsi, en 2013 au niveau des déchèteries franciliennes, près de 69 000 tonnes collectées ont été envoyées en recyclage matière et 115 000 tonnes de déchets verts ont été compostées.

 

Des déchèteries mobiles pour faciliter le tri en zone urbaine dense
De plus en plus de collectivités déploient une solution alternative aux déchèteries fixes pour pallier aux difficultés d’implantation notamment en zone urbaine dense, où le foncier fait défaut. Ainsi, en 2013, 15 collectivités franciliennes proposaient un service de déchèteries mobiles à leurs habitants sur 58 communes et 78 points de collecte.

Le dispositif consiste à disposer à fréquences régulières (par exemple 1 fois par semaine) des bennes sur la voie publique (par exemple place de la Mairie) où les habitants peuvent venir jeter leurs déchets occasionnels en les triant (une benne pour la ferraille, une benne pour les déchets verts, etc.).

Le développement de ce service devrait permettre d’atteindre l’objectif fixé par le Conseil Régional d’Ile-de-France de 300 déchèteries à l’horizon 2019.